Paul Hoffmann, alias Oxymore


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Nocturne


D’une main agile et ferme, le pianiste caresse
L’espoir d’illuminer dans le noir l’auditoire;
Emporté par la gloire de se croire l’espace d’un soir
Détaché des tourments et porté par l’ivresse…

Piquées ou bien coulées, ses notes fendent le silence
Pour trouver le chemin d’impérieux désirs
Cachés pudiquement derrière les longs soupirs
D’une blanche pointée toute vide de sens.

De noir et blanc vêtu, il se fond dans le ton
De son pâle instrument, agité par les sons
Quand son piano inébranlable aux dons
Du génie ne sent ni la vie ni les frissons.

Sur les cordes frappées jaillit la mélodie,
Dans la pureté de cristallins soubresauts
Dans l’éclatante beauté de ses fins morceaux,
Elle murmure ses délicats tremblements d’envie.

Tandis que ses doigts fins courent le long du clavier
Avec l’ardeur propre à la grandeur de son cœur
Il pleure avec pudeur les larmes du bonheur
Tel un virtuose de la sensibilité…




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