Paul Hoffmann, alias Oxymore


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funestesfunerailles








Parfois, il est bon de se détacher de l’existence pour en jouir plus librement et retourner à un humble présent.


Funestes funérailles


Et si mes dernières volontés n’étaient pas respectées,
Je ne serais pas moins légers pour ces funestes pensées…

Mon âme tourmentée s’est figée dans ce corps
A présent pourri sans espérer devenir
L’ombre d’elle-même dans d’éternels souvenirs;
Vaine espérance d’une vie sous le joug de la mort

Qui s’étiole à jamais en sommeil immortel…
Mes angoisses m’ont laissé choir, et Dame Frayeur
A quitté ma vile carcasse au goût du malheur
Pour distiller ailleurs l’amertume de son fiel…

Libéré de ces chaînes, j’ai pu abandonner
Mes proches à leur triste sort; avant de m’offrir
Ce repos bien mérité, je veux encore jouir
De belles funérailles – avant d’être oublié.

Si je devais aller au paradis, j’irais
C’est sûr en enfer pour avoir plus chaud au cœur.
Je demanderais une messe de Bach et ses pleurs
Chantés dans des gorges déployées au sommet.

Au son du requiem de Mozart, je vibrerais
Enfermé dans mon cercueil à jamais perdu
Sur un chemin plein d’écueils, je fuis car je fus
Dans ma vie trop remplie un ange désormais.

Le cortège silencieux regarde la pluie tombée
Suivant mon dernier voyage dans un long soupir;
Cette marche agonisante où pas un sourire
N’égaye le long sanglot finit ma destinée.

Ma demeure de marbre imposante et glaciale
S’est préparé à porter mon frêle linceul
Dans le sein des saints, léger comme une feuille,
Se pose l’âme de désirs perdus et glacials…

Et si l’amour de la vie me transporte vers le ciel,
Je pourrais mourir à tout ce qui n’est pas essentiel…




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