Paul Hoffmann, alias Oxymore


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essence








L’essence


Dans la lumière blafarde d’où jaillit la douleur
Ascétique et cruelle, frêle et impudique
La beauté étale sa fragilité stoïque
Comme une hallucination vêtue de blancheur.

Noyé dans les espaces limpides de ses yeux
Je cherche le ciel de mon regard brumeux…

Tout ici est stérile; les soins et les couloirs
A perte de vue distillent leur odeur acide;
Dans cette atmosphère suffocante et perfide
Un parfum troublant nourrit de nouveaux espoirs.

Grisé par les vapeurs fleuries de son corps
Je respire l’air pur de sa vie une fois encore…

Les gestes sont précis et les techniques sûres;
Attitudes et assurance d’une guérison
Imminente que rien ne dément sans raison.
Les mains se touchent à présent; les baisers sont murs.

D’un geste gauche, je joue avec ces doigts mariés
Et du bout des lèvres j’espère la ranimer…

Sous le calme apparent de la convalescence
Bouillonnent le bonheur et ses anciens tourments
Apaisés; par la langueur de mots simplement
Dits résonne le murmure de leurs existences.

Je l’écoute bouche bée attentif au repos
Qui l’attriste, figé comme un roc dans ma peau…

La joie ne pleure plus ses chaudes larmes émues
Dans les cœurs brisés heureux de se retrouver;
D’un rictus crispé, les âmes se parlent d’aimer
Tout à l’avenir de se redécouvrir émues…

Vertige et silence, abandon au frisson;
Je prie le temps d’effacer nos hésitations
Pour croire éternellement à la guérison.




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